mercredi 7 octobre 2020

Alors, c'était bien Japaniort N1-TRO ?

 Chères lectrices, chers lecteurs,

C'est une période très étrange et pleine de doutes. La rentrée "scolaire" symbolise habituellement le début d'une nouvelle ère, au cours de laquelle de nouveaux projets se mettrent en place. A l'instar d'une saison de série télévisée, elle comporte son lot de moments clefs. Mais la situation actuelle du monde ne permet pas de prévoir sur le long terme. Au mieux, on nourrit des espoirs, on spécule, on planifie une chose en sachant pertinemment qu'elle pourra être annulée ou reportée. 

En tant qu'auteurs de bandes dessinées, nous n'avons pas de réelle contrainte technique, si ce n'est celle de notre propre créativité. Habitués aux échanges de courriels, aux conversations Messenger et aux visio-conférences sur Skype, nous avons la chance de pouvoir continuer à travailler. Comme d'autres artisans et artistes, nous souffrons davantage des annulations successives d'événements culturels : le public nous manque. 

Heureusement, je l'écrivais déjà dans l'édito de Forgotten Generation Extra 3 : des solutions se mettent progressivement en place. Entre Comic-Con@Home et DC Fandome aux Etats-Unis, il était temps pour les festivals de bandes dessinées françaises de passer au numérique. C'est exactement ce qu'a fait Japaniort avec son édition N1-TRO qui se déroulait sur Discord. Et comme vous le savez, l'équipe d'Arcadia Graphic Studio a eu la chance d'y participer.  

Et depuis le week-end des 26 et 27 septembre, tous nos proches posent les fameuses questions : "Alors, c'était bien ton festival sur Internet ? Comment ça marchait ? Il y avait du monde ? ". C'est donc pour y répondre que je prends le clavier; Parce que je pense qu'il est important de revenir, avec le plus de sincérité possible, sur une expérience totalement nouvelle et différente, qui a de fortes chances de s'imposer comme une norme pour les mois, voire les années, à venir. 

21 septembre 2020. Le noyau dur d'Arcadia se réunit pour régler les derniers détails organisationnels de Japaniort. Il reste moins de cinq jours à Florian R. Guillon pour finaliser la mise en place de notre stand numérique. Et on ne va pas se mentir : en rédigeant un catalogue d'une vingtaine de pages dévoilant la totalité de nos créations, dire qu'il il a abattu un travail exceptionnel serait un doux euphémisme. Vous n'étiez pas avec nous et voulez voir à quoi ça ressemble ? C'est cadeau : 


26 septembre, 09h55 : ça y est,  le lien d'invitation du Discord est enfin rendu public aux visiteurs. Les portes numériques du festival s'ouvrent à 10h. Le temps de rejoindre Florian sur le stand E26, de papoter avec lui et notre ami Franck Anger qui a eu la gentillesse de venir nous saluer, il est déjà 11h, lorsque nous avons fini de partager ledit lien sur nos réseaux sociaux respectifs. Puis... plus grand-chose, si ce n'est l'attente et quelques messages laissés sur notre salon par Kotokki

Comme dans un festival physique, on prend le temps de discuter, de parler de projets, en attendant que des curieux s'arrêtent sur notre stand. Mais c'est là que réside le principal défaut du numérique : même s'il nous est possible de voir le nombre de personnes en ligne sur Discord, il est impossible de voir où elles circulent. Pire : si elles ne laissent pas de message ou ne passent pas par le chat vocal, on n'a aucune idée de si elles passent ou non sur le stand. 

C'est donc remplis d'incertitudes que nous passons le week-end : a-t-on une centaine de visiteurs sur notre stand ou seulement les quelques-uns qui ont osé se manifester à l'écrit ou à l'oral ? Une question sur le vide d'Internet qui restera à jamais sans réponse et que nous n'avons pas été les seuls à nous poser, puisque nous avons eu la chance de discuter avec une autre artiste qui exposait son travail sur le salon : Esyla Luna

Mais bien sûr, on ne peut pas évoquer Japaniort N1-TRO sans parler de Yannick Potier qui a tenu la barre avec Florian et moi une bonne partie du week-end. Le même Yann qui dessine et colorise Drak Béryl - Sens de l'Honneur. Une BD dont nous avons dévoilé les deux premières planches lors du festival. Et depuis peu, elles sont en ligne sur notre page Facebook ! Cet article bilan, c'est aussi l'occasion de les partager sur le blog : 



N'hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez en commentaires ! Evidemment, la suite sera disponible dans Forgotten Generation 6, dont la sortie est pour l'instant prévue en 2021. Comme le dit le petit encadré rouge, c'est écrit par un certain Maxime Saint Michel, dessiné et colorisé par Yannick Potier et lettré par Florian R. Guillon. On ne manquera de vous donner des nouvelles de cette BD et des autres qui seront publiées dans le magazine dans les mois à venir !

Un dernier mot concernant Japaniort N1-TRO ? Toute l'équipe d'Arcadia est heureuse d'avoir participé au festival. Nous avons fait de belles rencontres et on espère vous reparler de certaines d'entre elles prochainement. Mais comme toutes les choses nouvelles, cette première convention virtuelle est naturellement perfectible. Et c'est peut-être à nous aussi, en tant qu'auteurs, de proposer des solutions aux organisateurs de festivals.

Est-il réellement pertinent d'utiliser Discord alors qu'il ne s'agit pas d'un logiciel facile à prendre en mains ? Le lien d'accès au festival ne devrait-il pas être rendu public aux visiteurs quelques jours avant sa véritable ouverture ? Ne vaudrait-il pas mieux pour une convention virtuelle de se dérouler plutôt sur une semaine ? Nous n'avons pas les réponses concrètes à ces questions, mais nous pensons qu'il serait intéressant de les méditer. Dans tous les cas, nous remercions encore les organisateurs de Japaniort, qui ont fait de leur mieux pour que le festival se passe sans problèmes et sont restés sur le qui-vive à tout instant. Merci à eux pour nous avoir donné cette opportunité, à nous créateurs et éditeurs, de proposer notre travail à un public que nous n'aurions pas pu voir dans les circonstances actuelles. Merci à eux pour cette alternative gratuite en ces périodes d'annulations en pagaille pour les visiteurs et les créateurs.

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