vendredi 11 janvier 2013

Drak Beryl Infinite - DrakPoint


Whiteverse, 8h32

Le jour venait de se lever. Les bruits des obus, des lance-flammes, les menaces de l’arme nucléaire, les cris d’agonie et les hurlements de terreur avaient laissé place au silence. Un silence de mort et de désolation. Et pour cause : un héros était tombé la veille, le quarante-deuxième depuis le début de cette guerre sans fin il y a 5 ans. Le dernier héros de cet univers était mort, la Chute était proche.

Militaires, civils, représentants de partis politiques divers et le Président en personne étaient tous réunis au « Cimetière des Héros » d’Europazia. Les United States of Eurasia avaient demandé une trêve à l’Empire d’Amerika pour rendre un dernier hommage au mort qu’ils adulaient. L’ennemi avait accepté mais tous craignaient une attaque surprise, alors que les personnes les plus importantes d’Europe et d’Asie étaient réunies au même endroit, au même moment.

Le Président, en pleurs monta sur une estrade derrière la tombe de ce héros inconnu et fit un discours émouvant sur le dernier méta-humain défendant des valeurs comme la Justice, ces mêmes valeurs qui avaient mené à la création de l’Union. Pour lui, l’Eurasie perdait énormément, tout comme l’univers lui-même et s’ils ne trouvaient pas une solution rapide ; s’ils n’arrivaient pas à remonter la pente, les Etats-Unis d’Amérique l’emporteraient…

Ailleurs, dans une partie obscure de la capitale, un tas de ruines qui n’était plus que l’ombre d’elle-même et avec son lot de cadavres jonchant le sol, une silhouette imposante s’avançait fièrement. Cette chose gigantesque et terrifiante recouverte d’écailles avait fait de ce terrain son domaine et tuer quiconque tentait de s’y aventurer. La guerre profitait donc aux criminels, mais ça le tracassait, surtout au vu des ordres qu’il avait reçus, de la seule autorité qui dépassait la sienne.

Dans un murmure, ce qui s’assimilait à un « ange doré » passa dans le ciel, éveillant la curiosité du reptile qui leva les yeux en souriant.

« Varan, ça me ferait presque plaisir de te revoir. fit l’ange en se posant.
-          Moi de même Gabriel, l’archange cybernétique. répondit cyniquement la créature, stoïque.
-          Que me vaut le plaisir d’une convocation ?
-          Le…Patron veut que je te présente un ami à lui. »

Sortant de l’ombre, comme venu de nulle part un afro-européen recouvert d’un long par-dessus s’avança vers Varan et Gabriel, regardant ce dernier de haut en bas avec dédain.

« Raphaël, juste Raphaël, ne cherchez pas à en savoir plus sur moi. Je travail pour l’Echiquier depuis pas mal de temps et j’ai fait part de mes inquiétudes au reste de votre équipe mais je voulais m’entretenir particulièrement avec vous, le pasteur qui se prend pour un ange déchu.
-          Et quelles sont vos théories, « Raphaël » ? interrogea l’ange, scpetique.
-          Personne n’a donc rien vu ? Pourquoi êtes-vous encore là ? Pourquoi subsistons nous ? Les méta-humains ne sont pas visés, les Amerikains tuent sans distinction pour gagner, ils n’abattent pas des grandes figures, ils massacrent des Europaziens, autre chose tue les héros. »

Le Varan qui avait laissé les deux hommes faire connaissance finit par intervenir :

« Et c’est à nous de le trouver par tous les moyens. »

Steelverse, 8h46

Un homme avançait au milieu d’un champ de ruines, l’air triste. Ce champ de ruines autrefois portait le nom de New York. Cet homme auparavant était considéré comme un héros, un homme puissant qui imposait le respect, qui n’avait pas le droit d’abandonner, un exemple pour les enfants. Aujourd’hui ce tas de ruines n’avait plus de nom et cet homme n’avait plus personne pour lui rappeler qui il était, juste des souvenirs qui lui faisaient penser que son temps était révolu.

Lentement et d’un pas triste, l’homme continuait d’avancer jusqu’à arriver devant plusieurs cadavres. Il en connaissait certains, d’autres étaient même ses amis, et les derniers, il ignorait leur nom mais tous étaient morts dans un massacre sans précédent dans son univers. Toute sa vie il s’était battu pour sauver des vies et éviter de se retrouver devant une assemblée de corps décapités. Il avait échoué.

Dès lors qu’un héros connait l’échec, peut-on encore le considérer comme tel ? C’était là tout le paradoxe qu’était ne train de vivre notre homme tout en se baissant pour ramasser un bout de tissu près d’un cadavre qui pourrait l’amener au tueur.

« Comment… ? »

Soudain, avant qu’il n’ait le temps d’en dire plus, un bruit de distorsion indescriptible de distorsion dans l’espace et dans le temps se fit entendre et un mot, un seul, résonna :

« Steelman. »

Whiteverse, 9h42

Un hélicoptère noir et blanc passait au-dessus de la Méditerranée. A son bord se trouvait la pire équipe d’assassin que l’univers ait connu, menés par l’impitoyable Varan et le mystérieux Raphaël, suivis de loin par Gabriel, ces terroristes étaient pourtant là dans un but se rapprochant le plus possible du « Bien ». A bord le reptile géant faisait face à un homme au costume bicolore et un autre avec une combinaison d’employé de centrale nucléaire.

« Virus, Elzékiné, posez l’hélicoptère. Vous connaissez le reste du plan. »

Sur ces mots, Varan arracha violemment la porte de l’hélicoptère et sauta, sans parachute, sans regrets, sans un regard à ses coéquipiers. De toute façon il vivait cette mission comme une mission suicide et pas seulement parce qu’il était en pleine chute libre vers la mer la plus célèbre d’Europe. Non, le suicide était moral, même s’il n’avait jamais prétendu défendre le mal, surtout que c’était quelque chose de très subjectif, il avait l’impression de renoncer à ses valeurs. Et ce qu’il allait trouver dans l’eau ne l’attirait pas tant que ça.

Une fois le grand plongeon accompli, le reptile était seul dans les profondeurs. Ca ne lui plaisait pas mais ses attributs physiques faisaient de lui le seul capable de le faire. Ses yeux jaunes brillaient, il était repérable et tant pis. Prudemment il se mit à nager pour trouver ce qu’il voulait.

« TAH ! »

En poussant un cri de douleur, le « monstre » manqua de s’étouffer avec de l’eau. Il venait de se prendre un coup rapide et violent dans le crâne. Puis un autre dans le dos, puis encore un autre dans la mâchoire avant de subir une rafale de pressions dans le torse. La souffrance était extrême mais au moins il avait trouvé ce qu’il cherchait. Mais ça ne l’empêchait pas d’avoir peur, même si la mission était un succès. Il connaissait le narcissisme de son adversaire et ce dernier finirait par commettre une erreur, comme faire remonter Varan à la surface à force de le frapper. Ce qu’il fit.

Le « crocodile » fut donc projeté hors de l’eau et s’écrasa au sol. L’autre bondit, surgissant soudain des profondeurs pour atterrir devant le corps couvert de sang d’un Varan haletant. Leurs regards se croisèrent. Le reptile ne l’avait jamais vu et pourtant il le reconnaissait car il était comme dans les descriptions qu’on en faisait : une tenue de combattant en lambeaux, une peau bleue écailleuse et un passé lourd et tragique qui se ressentait dans son regard. Ils étaient les mêmes, des monstres. Alors que le bleu allait achever le vert, Gabriel vint s’en mêler, attrapant en plein vol la cible et l’emmenant dans les cieux.

« Le gouvernement est venu me récupérer après tout ce temps ? Je refuse, je suis JudoSquall, on ne me force pas à participer à une guerre qui n’est pas la mienne ! »

La rage du Squale était à son paroxysme, il aurait tué l’ange. Il se débattit de tout son être jusqu’à comprendre qu’il était encerclé par des morceaux en lévitation d’un hélicoptère en ruines sur lesquels se tenaient Virus, Elzekiné et Raphaël. Les pouvoirs du télékinésiste s’étaient améliorés depuis leur dernière rencontre. Il venait de se rendre compte que le gouvernement n’avait rien n’à voir avec ça, et même pire encore : que ces criminels auraient pu le tuer s’ils en avaient envie…

« Assez…que me voulez-vous ?!
-          Ah, tu as enfin compris que nous étions tes alliés ? fit Gabriel. »

L’Ange se posa et Elzekiné fit descendre les morceaux de l’hélicoptère et ses coéquipiers, encerclant toujours l’homme-squale. Varan toujours au sol, sanglant haletant. Raphaël fut le premier à prendre la parole en dévisageant la nouvelle recrue de l’équipe :

« JudoSquall. Nous ne voulons pas te mener à la guerre, nous voulons t’offrir une place dans notre Résistance. 
-          Mais encore ?
-          Nous avons besoin de toi pour Le trouver. » expliqua en toussant le reptile.

Un silence pesant s’installa. Squall réfléchit à toutes les éventualités, même si sa réponse était déjà toute trouvée. Un désir incommensurable de vengeance était né en lui, il y a tant d’’années…Il allait pouvoir l’assouvir.

« Résumons : vous me proposez de rejoindre votre équipe de psychopathes pour en finir avec la cause de cette guerre, la cause de mon exil, la chose qui a tué tous mes amis, l’origine de la fin du monde ? Qu’est-ce qu’on attend ? »

Un sourire se dessina sur la bouche de l’être aquatique. Le premier depuis 5 ans. Varan toussa à nouveau.

« Ca. répondit-il à la question du héros des océans tout en se penchant vers son collègue improvisé et « ami ».
-          On ne peut pas t’emmener avec, tu seras un poids pour l’équipe. Nous lui dirons que tu l’aimais, Varan.
-          De toute façon, on se reverra… »

Les paroles de Gabriel furent les dernières que Varan entendit. Virus posa sa main sur sa plaie…3 secondes plus tard il poussait un cri résonnant dans un rayon de 10km…et puis, plus rien...

Whiteverse, 11h03.

JudoSquall et ceux qui étaient venus le récupérer avançaient silencieusement dans les égouts d’Europazia. Une ambiance de mort régnait, voir ces monstres tuer leur ami avait profondément perturbé le héros et le mystérieux Raphaël. Les bruits des obus, des missiles et les cris de terreur se faisaient entendre de l’extérieur. La trêve était finie, les combats reprenaient, les morts allaient encore tomber… Elzékiné tenta de briser le silence, une pointe d’ironie dans la voix :

« Qu’est-ce qui t’arrive, Squall ? Tu te sens mal pour ce qu’on a fait ? TU sais pourtant que ton ancien patron aurait fait pareil, non ? »

Le héros judoka ne répondit pas. Il savait que le criminel avait raison. Son ancien patron, le chef des Warlords, Cyber-Shield était un homme bien mais également mégalomaniaque  et égocentrique. Mieux valait être dans son camp…et lui être utile sinon il était capable du pire. De vieux souvenirs de leur début ensemble lui revenaient, une équipe pleine de bonnes intensions, de gens avec des idées différente smais unis pour une cause commune…Et là, il retournait où tout a commencé. Soulevant une plaque d’égout, il arriva, suivi de ses nouveaux coéquipiers…

« Quartier Général des Warlords ! Bienvenu messieurs. »

Enfin maintenant le QG n’avait plus que le nom de QG sans en avoir l’apparence. L’équipe improvisée avança dans les décombres d’un genre d’entrepôt désaffecté rempli d’écrans brisés et de matériel informatique grésillant. Cet endroit reflétait les évènements de l’extérieur : le chaos total. En avançant, Squall put voir des mots dispersés sur le sol, sur les murs, au plafond, formant comme une frise chronologique :

HOOD ; THE PREY ; PROJECT WARLORDS ; OTHER DIMENSION ; APOCALYPSE…

Le reste était barré ou détruit à cause de l’érosion…Seuls restaient “WAR GAME” et le dernier mot de la frise :”BREAKING POINT”.

Un écran géant connecté à une console s’alluma quand l’ancien Warlord s’en approcha et toucha à quelques boutons de la console. Avant leur séparation, Cyber-Shield lui avait donné quelques informations au cas où tout ça tournerait mal… Des images et des données diverses apparurent sur l’écran. Squall mit un temps à les déchiffrer alors que Virus et ses complices s’impatientaient…Quand il comprit, il fut presque horrifié et mit une minute à se tourner vers les autres et à leur expliquer la sinistre vérité d’une voix sombre :

« Dans sa quête pour trouver ce qu’il a appelé le Nouveau Horla, Cyber-Shield a placé des caméras un peu partout dans le « multivers »…
-          Le multivers ? interrogea Gabriel.
-          Oui, c’est le nom donné à l’ensemble, personne ne connait la théorie d’Everett ou n’a lu X-Plorers ? Les données récoltées avant que Shield ne devienne complètement fou et ne brûle tout avant de se suicider mntre que dans des dimensions parallèles à la notre, les héros sont également chassés et tués. Ce qui impliquerait soit qu’il existe plusieurs Horla…
-          Soit qu’il n’y a qu’un seul Horla et qu’il peut voyager entre les dimensions. »

Tous les regards se tournèrent vers Raphaël qui venait de dire quelque chose que seul Squall comprenait, les criminels n’étaient pas des fans de science-fiction habitués au concept de dimensions.

« Quoi ? Ce que j’ai dit était exact, non ? rajouta-t-il en prenant la place de l’atlante devant le poste de commande pour se mettre à pianoter tout en entrant dans un monologue : Ce n’est pas tout, des brèches se sot ouvertes dans tous les univers. J’ai fuit par la première brèche qui est apparut dans ma dimension, j’ai vu ce qui est arrivé à World Justice, j’ai vu Midnight, dernier héros debout se faire décapiter. Je suis arrivé ici car c’est l’épicentre de cette crise. Merci petit, toi et les travaux de ton défunt ami confirment ce que je pensais. Les univers s’éteignent les uns après les autres, c’est pour ça que l’assassin a achevé le dernier héros de sa dimension d’origine, pour terminer le travail. J’ai un allié qui a sauvé quelques héros et qui doit les ramener ici, quand Il s’en rendra compte, Il viendra aussi. »

Dans un halo lumineux stoppant le monologue de Raphaël apparut un quatuor des plus intéressants : une blonde au costume noire et jaune, deux héros à capuche, un à capuche noire et l’autre  à capuche bleue et enfin Steelman.

« Les Quatre Fantastiques ! s’exclama Elzékiné.
-          Il était temps Yordi.
-          Moi aussi je suis contente de te voir Raphaël. »

En véritable héros gentleman Squall alla se présenter aux héros alliés de Raphaël, dont des dénommés Blue Ghost et Black Ghost.

« Bien. Maintenant il ne reste plus qu’à trianguler les signaux des brèches et… »

Sur ces mots, l’afro-européen appuya sur un dernier bouton qui fit apparaitre au milieu de la pièce un être au visage ravagé par la haine et la guerre. Un sabre dans la main, il portait une armure de samouraï verte et orange et son regard empli et il regardait avec dégoût et mépris toutes les personnes à pouvoir présentes dans la pièce. JudoSquall et Steelman frémirent en le voyant, ils l’avaient reconnu. Impossible, ça ne pouvait pas être lui…

« Un piège ? Vous pensiez réellement m’avoir avec un piège aussi ridicule ? Ah, le QG des Warlords ! Il a ben changé depuis que j’en ai fini avec le Cobra. Je crois qu’il a poussé un cri quand je l’ai brûlé. Comme je vous brûlerais tous. »

La voix pleine d’arrogance de cet homme confirma les craintes de JudoSquall mais sans qu’il ne puisse rien faire, paralysé par la peur et le doute, fit jaillir de son corps un torrent de flamme réduit en tas de Elzékiné et Yordi.

« Voilà une bonne chose de faite, les seuls à pouvoir m’affaiblir sont morts.
-          Ah bon ? demanda Virus, derrière lui tout en posant sa main sur sa nuque.
-          Tu n’aurais pas dû. Brûle avec moi… »

Virus atteignit un état d’ébullition, se transformant en vapeur, en un instant il ne restait plus que sa combinaison. Le regard de l’assassin se tourna vers l’ange.

« Je ne comprends pas ton patron. Je lui offre ce dont il a toujours rêvé : un monde chaotique. Et il essaie de me faire tuer ? Ca ne me plait pas. »

Un mini-explosif manqua de le frôler, il le renvoya sur Black Ghost par un coup de sabre.

« Assez. »

Il déclencha un genre de supernova à partir de son corps. En une trentaine secondes il ne restait plus que des débris du Quartier Général des Warlords et des cadavres sur lesquels pouvait désormais marcher un samouraï de feu triomphant. Un large sourire psychédélique se dessina sur son visage quand il arriva devant le corps sans vie de Raphaël.

« Drak Béryl ! »

Il se retourna pour voir d’où venait cette voix et il subit un uppercut dans la mâchoire

« Il n’y a plus de Drak Béryl, Drak Béryl est mort en même temps que cet univ… 

Un autre coup de poing.

-          Jamais, tu la ferme, vraiment ? »

C’était un Steelman au costume déchiré et couverts de sang, de brûlures et de blessures qui venait de faire taire « Drak Béryl ». Il avait survéuc grâce à un champ de protection aquatique créé par JudoSquall et il sanglotait. Même si les preuves concordaient, il ne voulait pas croire que le héros qui l’avait rencontré à ses débuts pouvait être la cause de la fin du multivers, de la mort de tous ses amis…Il ne pouvait pas l’accepter, et peut-être qu’au fond de lui, Drak Béryl ne voulait pas le tuer, ce qui expliquerait pourquoi il subissait les coups sans réussir à utiliser son sabre.

« Pourquoi, Drak Béryl, dis moi juste pourquoi. »

Il s’en souvenait à peine, il se souvenait juste que ce n’était pas la voie qu’il s’était choisi et que tout avait démarré par une poursuite. Mais maintenant il n’était plus qu’égocentrisme, rage et haine. Tuer les héros et détruire le Multivers était devenu la seule solution pour réussir une mission qu’il avait promis d’accomplir, même si le pouvoir l’avait corrompu et qu’il ne se rappelait plus de quelle mission il s’agissait, cette conviction était la seule qui lui restait. Il n’y avait plus de combat, les deux anciens partenaires se regardaient, haletant et le samouraï faisait face à ce qu’il était devenu.

« Les archives parlent d’un héros déjà instable qui serait parti à la poursuite d’un polymorphe à travers le Multivers. »

C’était la voix de JudoSquall, arrivé derrière Drak Béryl qui commença à trembler en l’entendant. Lui aussi avait survécu.

« Après des mois de recherches infructueuses avec un certain Ewen Merrick, son mentor, ce héros aurait été submergé par le pouvoir de courber l’espace-temps et aurait sombré dans la folie. Se rendant compte que le polymorphe pourrait être son mentor, il tua son mentor avant de se rendre compte que sa traque ne le mènerait nulle part, que tout ne pouvait être que mensonge et que le polymorphe pouvait être n’importe qui, se cacher n’importe où. C’est là que jaillit l’idée de l’extermination massive de surhumains et de la fin annoncée du multivers. J’ai toujours voulu croire que tu n’étais pas à l’origine de ça, Drak. »

Les tremblements du samouraï se transformèrent en spasmes, il avait l’impression que son cœur et son corps brûlait, pourtant il ne dégageait pas de flammes. Il voulait oublier cette histoire tragique, il voulait oublier la culpabilité, rester un héros déchu narcissique, haït et craint par tous plutôt qu’un fou qu’on plaint et qu’on comprend. Il n’avait plus besoin d’être compris, l’admiration qu’il voulait susciter des années plus tôt était devenue un besoin d’inspirer la crainte. Les révélations faites par JudoSquall aggravaient la tristesse de Steelman et révélèrent un sentiment de pitié, il aurait dû être là pour lui. Sentant ce sentiment qu’il détestait, Drak Béryl, par réflexe planta son sabre dans le cœur du héros qui épuisé, meurtri, ne put ni esquiver, ni résister… Ce dernier, en mourant adressa un dernier regard à son ancien coéquipier et ami, lâchant dans un dernier soupire :

« Désolé… »

Sous l’impulsion de ce meurtre, voyant le corps de Steelman s’effondrer sans vie, le samouraï redevint le psychopathe sans cœur qu’il était devenu au commencement de la guerre et se rapprocha doucement de Squall. Celui-ci se savait perdu, il savait que Drak Béryl n’allait pas tarder à le tuer et que même en supposant qu’il réussisse à fuir, à le raisonner ou même à le vaincre, il serait seul dans un monde en guerre, dans un univers meurtri, dans un multivers en voie d’extinction…Dans tous les cas il avait perdu, mais il n’abandonnerait pas, car…

« Je suis JudoSquall, dernier survivant d’Atlantide, dernier héros du Multivers et je n’abandonne pas, je ne faibli pas, je suis un exemple pour les enfants.
-          Il n’y a plus d’enfants.
-          En parlant de ça, j’ai compris pourquoi et comment tu avais déclenché la guerre entre les Etats-Unis et l’Eurasie, j’ai compris aussi ce qui t’avait amené à tuer tes semblables, mais quelque chose m’échappe : pourquoi avoir fait exploser Itanhomi et 75% du Brésil ?
-          Parce que j’en étais capable. Et que j’en avais envie !
-          Bien. Dans ce cas je vais te tuer, parce que j’en ai envie ! »

Sur ces mots, il lança une vague partant de son poing, pour se défendre Drak Béryl fit de même avec des flammes. Le choc des deux entraina une vapeur si grande et intense qu’elle était comparable à un brouillard. Un brouillard rendant l’homme-squale aveugle. Privé de ses sens, il sentit juste une pression dans sa nuque, puis plus rien, sa tête était tombée sur le sol. « Comme des sushis » aurait pensé le jeune Drak Béryl.

Il avait gagné. Il était le dernier être  pouvoirs du Multivers. A la base il devait être le dernier héros du Multivers mais il était maintenant bien loin du titre de héros, et il avait été contraint de tuer les super-criminels aussi. Les univers entiers étaient tombés et ceux qui survivraient au jour le plus solitaire de l’Histoire conteraient bientôt la légende de Reject Béryl, le destructeur de tous les mondes. Il se sentait bien, il avait l’impression de…qu’on pénétrait son corps, ce qui n’était peut-être pas qu’une impression.

« Quoi encore ?! »

Drak Béryl voulait trembler mais il ne le pouvait pas. Quelque chose avait pris le contrôle de son corps, comme la dernière fois. Comment avait-il pu oublier ce détail ?

« Tu t’en veux de m’avoir oublié, gamin ? Ouais, t’as raison ne répond pas. »

S’il y avait des témoins – de toute façon il n’y en avait pas – ils auraient cru que le samouraï parlait tout seul, mais non, une discussion avait lieu dans son corps mais la chose qui était à l’intérieur n’osait pas entrer dans son subconscient et préférait lui parler en se servant de son enveloppe corporel. Sous l’emprise de cette chose, Drak Béryl  ouvrit un portail dimensionnel et y entra malgré sa résistance.

« En…foi…ré de…Corlatius.
-          Dixit « Le Destructeur de Tous les Mondes ». Et encore, tu n’as rien vu. Drak Béryl, bienvenu dans l’Anté-Monde, enfin tu l’as déjà visité je suppose…

Paysage chaotique, comme depuis toujours. Le Lord Corlatius était à la base le seul héros capable de pénétrer ici mais au vu des cadavres empilés de Liktalzzz, un autre que lui était venu et il partageait actuellement son corps.

« Tu…te…demandes pourquoi j’ai fait ça, hein ?
-          Le génocide n’a jamais été une solution.
-          C’est pour toi que je l’ai fait. J’ai fait ce que tu n’aurais jamais eu le courage faire. Tu te prétends être un vengeur, mais tu n’es qu’un lâche…Argh. »

Drak Béryl avait mal. Corlatius le rappela à l’ordre :

« Surveilles tes paroles gamin, je suis dans ta tête, je pourrais te briser.
-          Non, tu n’en n’as plus la force, je suis trop puissant pour toi, sinon tu ne m’aurais pas amené ici. »

Ils partageaient la même tête. Le samouraï savait ce que voulait faire le Lord et il ressentait une émotion qui lui était presque devenue étrangère : la Peur. Il essayait de résister mais il ne parvenait pas à reculer, son corps avançait sans qu’il ne puisse rien faire, lui qui avait mis un multivers à genou, il était impuissant.

«  Si nous sommes tous les deux condamnés, autant discuter. Dans lequel de ces cons étais tu caché ?
-          Raphaël, je suis surpris que personne ne l’ait compris, un envoyé des ténèbres ne peut pas avoir autant de connaissances multiverselles.
-          Donc c’était ça ton plan, depuis le début ? Le piège…
-          N’en n’était pas un, je me suis servi de tous les autres comme des appâts. J’avais aussi besoin de voir ce que tu valais. »

Ils continuaient d’avancer, au fur et à mesure que les cadavres de Liktalzzz diminuaient sur la route et que la chaleur augmentait, ils se rapprochaient de la destination finale.

« Aucun être de tout l’espace-temps n’a vu cet endroit. On en parle juste dans les légendes. Je te proposerais bien de t’excuser, de te repentir et de repartir de zéro…
-          Mais je ne le ferais pas.
-          Et de toute façon il est trop tard. »

Corlatius semblait dur mais au fond de lu il regrettait son geste, même s’i savait qu’il n’avait pas le choix. Ca y est. Ils étaient arrivés. Un immense vide sombre illuminait par une boule de feu incandescente, plus brillante que le soleil.

« Mon cadeau d’adieu : le cœur du Multivers, tapis au fond de l’Anté-Monde, gardé par les Liktalzzz inconscients de son existence.
-          Avant de faire quoi que ce soit, Corlatius, je veux que tu saches que sans toi je n’aurais jamais accompli tout ça. C’est vrai, les brèches dans mon univers, le potentiel de mon corps… »

Parfait, maintenant il souffrait de culpabilité. En y repensant, s’il n’avait pas rencontré ce garçon le Multivers ne ressemblerait peut-être pas à ça actuellement. Raison de plus, c’était à lui qu’incombait la tâche de tenter quelque chose.

« De même je voulais te dire que j’ignore ce qui va advenir du Multivers après tout ça et j’ai réfléchi, c’est la seule solution. Une dernière chose : je t’ai toujours considéré comme…Mon meilleur ami. »

C’est d’une voix pleine d’émotion et par des pleurs que s’achevait cette histoire, Drak-Corlatius se jeta dans le cœur du Multivers dans un dernier souffle, une dernière souffrance, une phrase qui résonna dans l’ensemble des dimensions :

« Brûlons ensemble. »

Une fois Drak Béryl et le Lord consumés par le cœur du Multivers, le concentrée d’énergie accumulée dans ce dernier forma un énorme globe de feu, embrasant l’intégralité des mondes et en plein déluge, à Europazia, dans le Whiteverse, avant d’être entièrement brûlé, un homme à capuche verte sourit…


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